Chroniques méditerranéennes….

Juin, le mois où toute énergie se trouve à son paroxysme; le mois de la fête du Saman(Fête du feu), le mois du Soleil à l’expression bruissante de la vie.

Le mois du solstice d’été, où les jours s’allongent dans des bruits de sève débordant, où l’air parfois doux vous fait goûter à des sensations d’éternité, que l’on ne peut consommer, tant ses bruissements vous tourne la tête.

Juin, animal fétiche: le cerf, symbolisant la force, la fertilité, l’indépendance spirituelle et physique. Tout cela pour vous avouer que c’est une de mes saisons préférées.

Chaque pomme est une fleur

                 qui a connu l’amour.

Juin sur nos étagères est un mois d’intenses travaux, de soins, en parlant de soins, voici une action qui en fait couler de l’encre, s’entre déchirer la multitude de « chapelles » hantant cette passion.

 

 

La Fertilisation

Voici ce que j’ai retenu, tout au long de ces années de culture.

Que nourrir un arbre est toujours le fruit d’approximations et compromis.

Difficile de se retrouver dans le nombre d’engrais proposés, qu’il soit simple ou composé, solide ou liquide, basique ou de luxe, japonais ou local.

Comment s’en sortir:

Je regarde qu’il soit équilibré.

qu’il soit organique, si je ne trouve pas, cela sera organo-minéral

je réserve les engrais soluble pour des apports ponctuels, ciblés à action rapide.

J’évite de mettre sur substrat sec

j’incorpore après avoir arrosé abondamment, à la fraîche le soir( ma préférence), ou le lendemain en profitant de l’humidité restante.

Je vérifie toujours sa composition, qu’il ne soit pas trop dosé( genre30-15-20) ou en déséquilibré total( genre 25 ou 30-0 ou 2- 0)

Du jour Saint-Jean, la pluie fait la noisette pourrie.

J’essaye de me  montrer méticuleux dans mes apports, ni trop en quantité et en concentration

D’apporter de l’engrais par temps de pluie, celui-ci fermente trop vite, en conséquence je suspends les apports.

Si je rencontre des périodes de pluie prolongées, pour les pins, genévriers les apports seront après la période.

Sur feuillus, lorsque je suis en formation de la fine ramification, je fais attention aux quantités, je ne donne pas d’engrais après une période pluvieuse.

J’apporte de l’engrais, même en été, en diminuant les fréquences

En automne je privilégie des apports riche en potasse et phosphore, sans ou très peu d’azote.

Une idée fausse, ne pas apporter d’engrais pour maintenir petit un  arbre

Et surtout jamais d’engrais sur un arbre faible

          A la Saint-Jean, qui voit une pomme en voit cent.

 Juin, un mois de pleine formation, voici quelques exemples,

LE BOUGAINVILLIER ou LA BOUGAINVILLÉE, variété glabra

Son point de départ une bouture ramenée de l’île de Patmos, élevée pendant quelques années en pleine terre, en la protégeant l’hiver sous une couche de mulch et tunnel d’hiver. Lorsqu’elle(il) est sorti(e) de terre elle a gagné un pot de culture japonais de 16cm de diamètre, j’ai tout enlevé afin de partir sur un tronc nu, comme souvent cela est mon habitude

 

 

 

 

 

 

 

 

A la Saint-Jean, les jours les plus grands

Quelques années après, j’ai encore pas mal d’approches pour sa ramification, je construis les branches pas-à-pas, entre-noeud après entre-noeud en m’assurant que la longueur, l’épaisseur de chaque section soit bien proportionnée, avant d’entreprendre l’étape suivante.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pluie à la Saint-Jean, dure longtemps

Sa floraison est magnifique, j’applique pour sa floraison une défoliation locale où je souhaite l’émergence de fleurs, cela fait la troisième année que j’applique cela, voici sur son futur apex,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant la Saint-Jean, pluie bénite; après la Saint-Jean, pluie maudite

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie de Saint-jean, emporte la noix et le gland

 CÔTE CULTURE :

 En saison estivale, son arrosage doit être assez abondant, elle aime recevoir un engrais riche en potasse et phosphore, que ce soit sous forme solide ou liquide, apport effectué dés l’apparition des bourgeons( j’ai remarqué au fil des années, en faisant cela j’avais peu de perte de petites branches comme pour les érables)et ce jusqu’à son repos automnale, qu’elle effectue entre le 25 novembre et la première semaine de décembre.

Cette année, malgré la vague de froid elle a gardé ses feuilles jusqu’à fin février.

Son substrat est acide, kanuma et kyriu, l’hiver je reste très attentionné à son taux d’humidité. En prévention tous les deux mois environ je lui accorde une ration d’aliette.

J’ai remarque qu’elle était peu sensible aux attaques parasitaires; chaque année je lui offre une petite cure de magnésium et fer, je ne sais pourquoi elle est sensible de ce côté là.

Voici après sa floraison où je taillerai pour la création de son apex définitf, au fil des années, elle deviendra un shohin


Pour les prunes à la Saint-Jean, qu’on en vole une, on en voit cent.

Passons à un autre arbre que j’affectionne, lui j’ai pris mon temps à le connaitre, en me rappelant les leçons appliquées par André,

L’ABRICOTIER DU JAPON,

Comme précédemment, je suis reparti sur tronc nu( suite à un combat de chats, où il est resté toute la nuit les racines à l’air, il revient de loin), et malgré cela il m’a offert des fleurs  délicieusement parfumées certaines émergent directement sur le tronc.

Je pense être parti à nouveau pour cinq ou dix ans d’approches.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    La nuit de la Saint-Jean, est la plus longue de l’an.

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉRABLE DE BUERGER, je n’aborderai sa culture, ni  sa formation, vous trouverez un article très bien monté de notre ami Gilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

GYMNOSPORIA DIVERSIFOLIA, si tout continue comme cela encore deux à trois ans, j’aurai émergence d’un très beau shohin.

Les conditions de culture sont identiques au bougainvillier, ne craint pas les tailles drastiques, seule attention, l’hiver bien isoler son racinaire du froid, pas trop d’humidité pendant cette saison. Elle ou il est un peu en retard du côté fleuraison.

 

 

 

 

 

 

 

 

PISTACHIER LENTISQUE, un petit shohin, assez capricieux dans sa formation, bien observer le moment de sa taille, il a une tendance à se bloquer.

Niveau arrosage en saison estivale l’arroser quotidiennement , aime une bonne fertilisation, liquide ou solide.

Pose de ligature possible lorsque la branche est semi-lignifiée.

Nous nous  retrouverons en juillet, nous découvrirons d’autres arbres, toujours dans la catégorie mame, shohin, kifu.

Pour finir ce billet consacré à juin, qui est le milieu d’une année, je peux faire maintenant le bilan d’un hiver qui a rappelé un peu ceux  connu en 56, 62-63, 85 et 87.  Nous avons rencontré pendant deux semaines des températures constantes qui oscillaient  entre -8° certains jours à -17° lorsque la tramontane soufflait, elle a été active pendant trois semaines.

Nous avons été  surpris par cette constance,  habitué que nous sommes par nos hivers peu froids. Autour de nous cela a été une hécatombe, côté oliviers, palmiers, lauriers rose, mimosas.

Côté arbre aucune perte, sauf une branche indispensable pour sa forme d’un orme nire, pas grave je repars pour une formation.

Pour conclure, je me rendrai à Chamalières lors de l’exposition dédié aux shohin, enfin!, ils seront mis en avant, sous les projecteurs.

J’espère que la présentation commune que nous ferons, tiendra la route; nous ferons tout notre possible pour cela, afin de prouver  que des amateurs* peuvent très bien se débrouiller

   *Amateur, voici la définition du mot: Qui a une prédilection pour une chose et qui s’y connait- Qui pratique un art,  un sport sans en faire profession.)

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